Le DJI Mini 3 est un drone EXCELLENT, mais… (Test Complet)

Plus de deux ans après la sortie du Mini 2, un drone compact et abordable, et seulement quelques mois après la sortie du Mini 3 Pro, un drone un peu plus haut de gamme, DJI remet le couvert à la fin de l’année 2022 avec la sortie d’un tout nouveau drone : le Mini 3. Le défi est de taille pour DJI sur ce modèle, car avec ce Mini 3, DJI doit réussir à succéder au best-seller de la marque, le Mini 2, tout en évitant de faire de l’ombre au modèle plus haut de gamme. Alors, est-ce que le pari est réussi ? Après plus de trois semaines de test dans les Ardennes, il est temps de vous dire ce que je pense de ce drone, de ses points positifs, de ses points peut-être un peu plus négatifs, et surtout de ses limitations.

Les Nouveautés du DJI Mini 3

Un Design Renouvelé

À la sortie du Mini 3 de sa boîte, on s’aperçoit que le drone est bodybuildé pour un drone de la gamme Mini. Le drone est plus grand que le Mini 2, et il s’approche petit à petit des drones plus premium comme les Mavic Air. Cependant, soyons rassurés, le Mini 3 est toujours sous les 250 g, ce qui lui garantit une plus grande flexibilité avec la réglementation. Une taille plus grande du corps combinée à des hélices plus grandes viennent apporter à ce Mini 3 une portance accrue. Résultat, le drone vole plus facilement, et les moteurs sont un peu plus soulagés. Cela se ressent sur deux points déjà : d’abord, ces nouvelles signatures sonores, complètement différentes du Mini 2. Si ce dernier est encore repérable au bruit à environ 300 mètres avec un bruit assez aigu, le nouveau Mini 3 s’efface complètement et rapidement. Le bruit est plus lourd, idéal pour ne pas se faire repérer en vol et pour éviter de déranger les habitants ou les promeneurs. Ensuite, un autre bénéfice de cette meilleure portance est une autonomie grandement améliorée. Une telle autonomie fait clairement relativiser la nécessité de devoir partir sur le pack FlyMore Combo. Par rapport au Mini 2, c’est facilement 20 à 30% d’autonomie en plus, et ça, c’est un super point positif.

Améliorations Vidéo et Photo

Vu qu’on parle de design, un petit point sur le nouveau signal lumineux. Adieu la barre lumineuse sur le devant du drone, bonjour aux LED sur les deux bras avant. Un peu moins fun, mais plus facile de repérer le drone en faible luminosité. Si on se penche d’un point de vue vidéo, on se rend compte que le Mini 3 récupère de nombreuses parties du Mini 3 Pro, à commencer par la nacelle, qui est capable de monter beaucoup plus haut que le Mini 2. Cela permet de faire de chouettes plans sur le ciel ou sur des objets avec des angles inédits. Cette nacelle est aussi capable, comme pour le Mini 3 Pro, de pivoter en mode portrait pour des formats verticaux.

Que ça soit pour des photos verticales ou pour du contenu sur les réseaux sociaux, c’est assez cool d’avoir cette option. Mais plus que la nacelle, le capteur en lui-même est aussi en provenance du Mini 3 Pro. On retrouve donc un capteur imposant de 1/1,3 pouces qui nous permet de capturer plus de lumière et d’avoir une meilleure plage dynamique que sur le Mini 2. Les couleurs sont plus marquées et les vidéos bruissent un peu moins. Le mode HDR fonctionne bien, et même en mode photo, on s’aperçoit d’une clarté légèrement renforcée par rapport au Mini 2. Clairement, pour faire de la vidéo au drone, on est une petite marche au-dessus.

Les Limites du DJI Mini 3

Contexte et Concurrence

Le plus gros problème que rencontre ce Mini 3 est le contexte dans lequel il sort. Quand je vous parle de contexte, je vais vous parler des autres drones du catalogue de DJI, notamment le Mini 2 et le Mini 3 Pro. Premier défaut, on l’a vu tout à l’heure : le drone est plus grand, et donc forcément, on a une portabilité, mais aussi ici une impression de qualité qui sont en baisse. Le Mini 3 est en effet bâti sur le châssis du Mini 3 Pro, bien loin des dimensions du Mini 2. En effet, une fois déplié, on constate que le nouveau-né de DJI est plus grand partout, poussant même jusqu’à 8 cm de plus en largeur que sur le Mini 2. Or, de par son impératif de poids, le drone doit rester en dessous de 250 g. On se retrouve donc avec un drone beaucoup plus grand pour le même poids que le précédent. La pression est celle d’un drone moins dense, plus fragile, plus joué que le Mini 2.

En plus de constater une baisse évidente en portabilité, une fragilité qui est d’ailleurs mise en évidence par des preuves que ce soit par moi ou par d’autres créateurs sur Internet. On a notamment pu voir ce genre d’image sur Internet : oui, ça c’est un Mini 3 avec un bras arrière arraché, alors que le drone n’est même pas tombé. On se rend bien compte que ce Mini 3 est un cran en dessous par rapport au milieu en termes de solidité. C’est vraiment un critère à prendre en compte, notamment si c’est votre premier drone. Et dans tous les cas, si ce Mini 3 vous intéresse réellement, je vous encourage à prendre l’assurance DJI Care, une assurance qui pourra vous remplacer votre drone à moindre frais. Là, ça pourra, je pense, notamment pour ce drone, vraiment va dans le coup.

Performances de Vol et Limites Techniques

Concernant les performances de vol, DJI nous annonce des chiffres théoriques similaires au Mini 2 et ce sur tous les points : en montée, en descente, et même en vitesse max, toujours capé à environ 57 km/h. Le Mini 3 ne tire donc pas partie de son nouveau châssis pour aller chercher de nouvelles vitesses. Il y a pire, si en théorie les chiffres sont similaires, en pratique, j’ai pu constater un meilleur comportement en vol du Mini 2. En effet, ce dernier est plus petit, plus dense, avec une portance plus faible, et il est donc moins sensible au vent et aux bourrasques. Alors que j’ai déjà fait voler le Mini 2 sur des plages balayées par un vent puissant en Grèce ou même il y a encore quelques jours en forêt dans les Ardennes, le Mini 3 a montré une étrange sensibilité au vent. Dans cette scène, par exemple, impossible de faire revenir le drone face au vent, et j’ai dû à la fois faire perdre de l’altitude au drone et dans le même temps passer en mode Sport pour pouvoir le récupérer. Un scénario que je n’avais jamais rencontré avec le Mini 2.

Pour la photo ou la vidéo, si le Mini 3 hérite du même capteur que le 3 Pro, ce dernier est matériellement et logiciellement déjà matériellement, car le drone ne bénéficie pas de caméra de vol à l’avant, à l’arrière, ou même en dessous. Il n’y a donc toujours pas de détection de obstacle et de suivi actif du sujet. On pourra quand même faire un cercle automatique autour d’un monument ou d’une personne, mais dès que l’on ajoute un peu de mouvement, le drone est rapidement perdu, et on a donc le plus gros défaut du Mini 2 qui demeure. Mais on a aussi un bridage logiciel, car si le capteur entre le Mini 3 Pro et le Mini 3 est le même, DJI a décidé de limiter le capteur de 48 mégapixels à seulement 12 mégapixels. Ce choix purement marketing empêche au Mini 3 de gagner en détail face au Mini 2, et si le nouveau drone de DJI a réellement une meilleure qualité d’image avec une meilleure plage dynamique, la différence n’est pas si incroyable que ça. Le Mini 3 reste dans les débits et dans des options vidéo quasiment similaires au Mini 2. Par exemple, on est ici toujours limité à de la 4K 30 fps, toujours pas de 60 fps, on n’a pas de mode slow motion ou encore de mode Dyna-like pour la retouche. Face au Mini 3 Pro, c’est un peu dommage.

Au final, si ce Mini 3 a d’énormes qualités, il a aussi de beaux défauts, mais sa plus grosse limitation reste sa concurrence directe. Les progrès en provenance du Mini 2 sont réels sans être vraiment incroyables et se font au prix de quelques sacrifices. Pire, le gap avec le Mini 3 Pro et lui beaucoup plus marqué. Lancé à 580 euros pour le drone et la manette, le Mini 3 est donc dans une position ultra bâtarde entre le récent Mini 3 Pro bourré de qualité à 829,9 €, même 670 euros en reconditionné, et entre le Mini 2 à 459 euros, voire même parfois en dessous de 400 euros en reconditionné sur Amazon. Bien le Mini 3 apparaît donc comme une sorte de choix à ne pas faire, une sorte de produit d’appel pour pousser les consommateurs à partir sur le Mini 3 Pro, et ça, c’est probablement une stratégie qui pourrait marcher.

Conclusion

En conclusion, le DJI Mini 3 est un drone qui apporte plusieurs améliorations par rapport à son prédécesseur, le Mini 2. Cependant, il se retrouve dans une position délicate face à la concurrence interne de DJI, notamment le Mini 3 Pro. Les nouveautés apportées par le Mini 3, comme une meilleure portance, une autonomie accrue, et des améliorations vidéo et photo, sont indéniablement positives. Mais ces avancées viennent au prix de quelques sacrifices, notamment en termes de portabilité et de solidité. De plus, le bridage logiciel et l’absence de certaines fonctionnalités avancées le rendent moins attractif face au Mini 3 Pro.

Ainsi, le Mini 3 se retrouve dans une position complexe, où il peine à justifier son prix par rapport à ses concurrents internes. Si vous êtes à la recherche d’un drone compact et abordable, le Mini 2 reste une option solide. En revanche, si vous êtes prêt à investir un peu plus pour des fonctionnalités avancées, le Mini 3 Pro est sans doute le meilleur choix. En fin de compte, le Mini 3 semble être un produit d’appel pour inciter les consommateurs à opté pour le Mini 3 Pro, une stratégie payante pour DJI.

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